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Tisso!

23 février 2019

Tisso!
On progresse en Népali! Tisso, ne fait pas référence à une montre, mais bien au mot népalais « froid ». Et il a fait plutôt frisquet en ce début de semaine! Les maisons ne sont pas isolées comme chez nous et il est parfois difficile de se réchauffer…oui, mais ça c’est sans compter les courses communes improvisées dans la cour d’école avec tous les élèves, la température étant jugée trop basse pour travailler. Dans ma classe, c’est la chanson « Nous sommes tous tous tous des cavaliers » qui nous a tenus en haleine… enfin, surtout moi, à 2800m le souffle manque vite en chantant en français sous l’œil amusé des 14 élèves!
Cette semaine a été entièrement consacrée à l’enseignement et c’est avec plaisir que j’ai pris le rythme des élèves.
Ici, l’école commence à 10 heures du matin, certainement pour laisser arriver les élèves des différents endroits. Généralement, il y a des écoles primaires dans les villages, mais dès la Grade 5 (12 ans), les jeunes sont regroupés dans ce centre scolaire. Certains marchent d’ailleurs plus d’une heure et demie pour rejoindre Chaurikharka.
Les petites classes, de l’école enfantine à la Grade 5, comportent entre 15 et 20 élèves, mais dès le cycle, c’est plutôt 35 à 40 élèves qui forment un niveau. Les jeunes étudient ici jusqu’à la Grade 12 (18 ans) et se dirigent ensuite vers l’université. Pour la plupart, c’est à Katmandou qu’ils se formeront.
À la cloche de 10 heures, les 350 élèves se mettent en file dans la cour, par classes et du plus petit au plus grand. C’est bien organisé, je peux vous dire! L’étudiant-leader de la journée prend la parole et entonne l’hymne national népalais, suivi par tous ses collègues. C’est émouvant de les voir chanter à pleine voix ce thème écrit après la chute de la monarchie, en 2008, encourageant le développement du pays, la gratitude pour ses beautés et l’unité de ses habitants.
Juste après, un autre étudiant témoigne sur un thème ou l’autre, comme l’éducation ou le développement durable. Je vous l’avoue, j’ai énormément de peine à comprendre ce qui est raconté… oui, oui, même si c’est en anglais ! Ah, ah, vive l’accent népalais!
Cette partie en commun se termine par un de mes moments préférés de la journée: la brain gym! Sur fond de musique népalaise, nous voilà tous en train de faire des mouvements du type « réveil corporel ». Aurélien, à la pause thé des ouvriers sur le bâtiment d’en face, rigole d’ailleurs bien de moi et de mes gestes approximatifs… tant pis, j’aime bien participer!
Puis, tous les élèves rejoignent leurs classes… en file, s’il-vous-plaît, et entonnent l’hymne de la classe en attendant l’enseignant.
La journée se découpe en huit périodes de 40 minutes et se termine à 16h05.
Avec mes Grade 3 (10 ans), c’est avec le programme de lecture que j’entame la matinée. Depuis peu, un accent tout particulier est mis sur les capacités des élèves à s’exprimer en anglais. Les autorités sont tout à fait conscientes de l’importance de maîtriser cette langue, particulièrement ici dans cette région touristique. Pourtant, l’école peine encore à bien former les élèves. L’une des raisons de cette difficulté est le bas niveau d’anglais des enseignants. Issus de la formation gouvernementale, ils n’ont pas étudié dans un système anglophone (contrairement aux enseignants privés) et il demeure parfois difficile pour eux de donner le change. Une organisation internationale, Action for Nepal, aide à la hausse du niveau en proposant un programme assidu de lecture pour les Grades 1,2 et 3. Aussi, nous travaillons la lecture, l’écriture, l’expression et la compréhension durant 90 minutes tous les jours.
Ce sont des moments intéressants avec les élèves, puisqu’ils sont appelés à notamment expliquer leurs traditions et leurs manières de vivre. Je découvre leur culture et leur façon de penser. Parfois, il est difficile de se comprendre, mais c’est un très bon exercice, pour eux comme pour moi!
Après la lecture, nous travaillons les maths et je cède ensuite ma place à l’enseignant de népali. 40 minutes plus tard, c’est l’anglais que je travaille avec les élèves… Ils ont faim à cette heure-là et chanter est quelque chose qui les tient bien motivés. Nous voilà donc tous en train de danser sur « Such a happy day » de The Monroes… Et ça me fait bien sourire de les entendre encore fredonner une fois la classe terminée.
Après le dîner, j’ai une petite pause pendant laquelle j’ai ma leçon de népali (si si !) avec Sucila et je termine l’après-midi par les sciences sociales. Imaginez-moi enseigner sur les trois héros du pays durant les années 1800… Autant vous dire que je serai incollable à la prochaine partie de Trivial Poursuit!
Ici, les élèves sont très (trop ?) habitués à copier au tableau sans réellement comprendre ce qu’ils sont en train d’apprendre. Aussi, lorsque je leur demande tout à coup de partager leurs connaissances, je les sens un peu déstabilisés. Après une semaine, je vois pourtant qu’ils comprennent peu à peu cette manière de faire et je dois avouer que j’étais très fière d’eux quand ils ont su présenter leurs trois héros nationaux!
Aurélien a eu à faire cette semaine, entre les planches à découper et à classer et le déplacement du matériel de chantier. Une palette entière de barres de fer et les futures parois de la salle de sciences lui ont fait faire de nombreux allers-retours!
Le bâtiment de l’école enfantine est en train d’être isolé, ça va vite et c’est tant mieux!
Ils vont bientôt démonter le bâtiment de fortune dans lequel se trouvait la classe de Grade 3, se trouvait puisque nous avons déménagé ce matin. En moins de temps qu’il n’a fallu pour le dire, un fourmillement d’élèves était à notre porte pour transporter tout le matériel vers la nouvelle classe, dans un autre bâtiment provisoire. Petit souci, la classe prévue était trop petite… Quoi?! Pas de problème, on enlève la paroi ! 10 minutes plus tard nous avions une magnifique double classe, les élèves étaient heureux!
Il paraît que l’enseignant absent reviendrait dimanche… on verra, les prédictions népalaises sont parfois hasardeuses!
Un grand merci à chacun pour votre lecture (c’est un long texte!) et pour vos sympathiques commentaires de la semaine passée, c’est beau de se sentir soutenus!

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